Théâtre et spectacles, Le blog de Denis

j’adore l’amour… j’aimerais bien le refaire un jour

j'adore l'amour... j'aimerais bien le refaire un jour

Le titre de cette pièce de théâtre me rappelle une histoire drôle, mais je vais éviter de vous la raconter ici, elle me faisait rire il y a 20 ans, aujourd’hui c’est moins sûr.
20 ans c’est aussi le nombre d’années que je n’avais pas revu la comédienne Marie-Aline Thomassin à l’époque où je fréquentais les bancs des cours Florent.

Je l’ai retrouvé mercredi soir sur les planches du théâtre de l’Archipel où elle est co-auteure et interprète de la pièce j’adore l’amour… j’aimerais bien le refaire un jour.

Forcement je ne vais pas être super objectif si je vous dit que cette pièce est drôlissime et que tous les acteurs sont talentueux. Pourtant je vais quand même essayer de vous convaincre.

D’abord c’est une pièce résolument moderne, bourrée d’énergie qui à travers une intrigue simple, souligne la complexité de la vie amoureuse actuelle. On rit avec ses personnages, mais on n’aimerait pas être à leur place pour autant. Cela résume assez bien la difficulté des couples et de notre façon de consommer l’amour aujourd’hui.

J’adore ce style de pièces où tout s’enchaîne très vite, avec beaucoup d’énergie. Pascale Michaud et Bruno Chapelle qui jouent avec Marie-Aline, sont brillants et le trio fonctionne à merveille. On peut même dire que les acteurs ont du chien…

Les répliques sont percutantes et bien servies par une mise en scène efficace avec de bonnes trouvailles. On sent aussi que les comédiens sont à l’aise et se lâchent un peu.

A noter aussi que le décors est soigné avec un soucis du détail peu commun pour du théâtre de boulevard.

C’est une pièce qui vous met de bonne humeur et vous fait regretter de ne pas sortir plus souvent au théâtre. En plus il y a des super tarifs sur Billetreduc !

Vous pouvez voir la bande annonce (même si comme je le dis toujours, une vidéo sur Youtube ne retranscrit absolument rien de l’ambiance d’un spectacle).

J’adore l’amour… J’aimerai bien le refaire un jour

Mise en scène : Thierry Atlan
De : Bruno Chapelle et Marie-Aline Thomassin
Avec Bruno Chapelle, Marie-Aline Thomassin et Pascale Michaud
Décor de Laure Lepelley et musique de Simon Chapelle.

Au Théâtre de l’Archipel
17 bd de Strasbourg
75010 PARIS
Tous les mercredi à 19h30
Réservation sur Billetreduc


Ita L. née Goldfeld

Ita L. née Goldfeld Pendant la seconde guerre mondiale, à Paris, Ita L. née Goldfeld se retrouve face à son destin et dispose  d’une heure pour décider avant que la police ne vienne l’arrêter, fuir ou attendre ?

Hélène Vincent qui interprète Ita nous emmène dans un voyage d’émotions, fait de bonheurs simples et naïfs que l’espoir ne sauvera pas.

Un très beau texte d’Eric Zanettacci qui fait d’ITa un joli personnage, attachant et sincère qui malheureusement n’a pas posé sa valise au bon endroit au bon moment.

Seule et fatiguée, elle reste cependant dynamique et pleine d’espoir grâce à ses illusions, ce qui était sans doute la meilleure chose à faire à cette époque pour tenir le coup, coûte que coûte.

Hélène Vincent (Madame Le Quesnoy dans la vie est un long fleuve tranquille) est fabuleuse et possède une technique incroyable ce qui lui permet d’éviter le piège du mélodrame, et de nous offrir une palette d’émotion pendant une heure.

Ita L. née Goldfeld au théâtre du Petit Saint-Martin

Une pièce d’Eric Zanettacci
Mise en scène Julie Lopes Curval et Hélène Vincent
Avec Hélène Vincent. Scénographie Tim Northam Lumières Arnaud Jung.
Du mardi au samedi à 19h
Le dimanche à 15h
Informations et réservations : www.petitsaintmartin.com


Blue de et avec Kym Thiriot au théâtre

Kym Thiriot dans la pièce Blue

Blue quitte son aire d’autoroute pour arriver dans la grande ville et se faire une place au soleil.

En une phrase, tout est dit, je me suis retrouvé plongé dans l’ambiance des cours Florent. On retrouve un thème souvent abordé chez les jeunes comédiens : l’artiste « qui monte à la capitale » pour côtoyer les étoiles plein de rêves dans la tête avant de s’apercevoir que le monde du spectacle n’est pas fait (seulement) de Bisounours.

Le texte est écrit et interprété par Kym Thiriot qui déborde de talent. Même si le thème de son spectacle a déjà été vu, on est transporté dans son histoire car sa plume est efficace, son univers poétique et on s’attache vite à cette jeune femme et ses déboires.

La mise en scène est plutôt académique, mais Kym pleine d’énergie, croit en son texte et le porte à bout de bras (c’est une image, j’en vois qui rigole au dernier rang).

On le sent très bien dans la salle, les gens ne bougent pas pendant tout le spectacle car ils sont captivés par cette comédienne qui les vampe avec son attitude sexy et son regard plein de promesses.

J’ai été très touché par cette pièce qui est une véritable mise à nu, un spectacle intimiste où se mêle fiction et autobiographie brillamment interprété.

Blue au théâtre des Mathurins

Mise en scéne par Laura Mokaiesh
Avec Kym Thiriot
Petite salle du théâtre des Mathurins
36 rue des Mathurins 75008 PARIS
le dimanche et le lundi à 20h
Informations et réservations : www.theatredesmathurins.com (et aussi sur BilletReduc).


Doris Darling, une comédie survoltée que j’ai adoré

Doris Darling

Cela fait longtemps que je n’avais pas passé une aussi bonne soirée au théâtre. Le pitch de l’histoire m’a intrigué tout de suite même si je n’aurais jamais pu imaginer la suite…

Doris Wallis est une chroniqueuse mondaine dans la presse people anglaise et sous sa plume assassine elle fait, mais surtout défait la réputation des artistes. Un personnage complètement exubérant et fantasque, vivant dans son époque et noyé dans les artifices en tout genre. Autour d’elle, gravitent des personnages du showbiz aussi complexes que farfelus, un producteur peu scrupuleux, une assistante frigide, un gigolo rigolo, un comptable aimable….
Il en faudrait peu pour que… Non, je ne peux rien vous révéler de plus car c’est une comédie à suspense.

L’effet de surprise est l’un des nombreux ingrédients qui font de cette pièce un véritable bijoux. Le texte original de Ben Elton traduit par Marianne Groves est complètement déjanté, plein de rebondissements, nous imposant un rythme incroyable. Tout va très vite, on pourrait se croire dans du Feydeau, mais c’est beaucoup plus moderne et le langage est bien plus trash.

Les acteurs portent vraiment bien la pièce, au début j’ai trouvé ça un peu surjoué et puis au fil de l’histoire, on comprend que… Non, j’ai dit que je n’en dirais pas plus…

Plus le temps passe et plus la distribution s’impose comme un choix brillant, le casting est excellent, Marianne Sergent qui joue Doris a une énergie incroyable qu’elle partage avec les autres comédiens, tous parfait dans leur rôle.

La mise en scène de Marianne Groves est tout simplement géniale, c’est juste, c’est péchu, les acteurs sont là où il faut et au bon moment, le rythme, les silences, les mimiques, c’est parfait !

Le tout dans un décor simple qui profite judicieusement de l’espace du théâtre du Petit Saint-Martin tout en apportant ce qu’il faut d’informations.  Le tout est agrémenté par des transitions vidéo pour enrichir l’univers visuel et sonore.

C’est le côté juste de cette pièce que j’ai aimé. Tout s’enchaîne et on ne s’ennuie pas une seconde, il y a un équilibre parfait. Et puis c’est drôle et non-conventionnel et ça, j’adore !

C’est rare que j’encense autant une pièce, mais j’ai vraiment adoré. Je ne peux que vous encourager à courir voir Doris Darling en espérant qu’elle reste longtemps à l’affiche.

A l’heure du web, on veut toujours en savoir plus, alors pour les plus curieux, il y a une bande annonce, moi je vous conseille plutôt d’y aller les yeux fermés, sans en voir d’avantage pour garder l’effet de surprise.

Doris Darling au théâtre du Petit Saint-Martin

Mise en scéne Marianne Groves
Avec Marianne Sergent, Amélie Etasse, Yannick Laurent, Eric Prat et Thierry Lopez.
Du mardi au samedi à 21h
Le dimanche à 16h30
17 rue René Boulanger 75010 Paris (Métro Strasbourg St-Denis)
Informations et réservations : www.petitsaintmartin.com (et aussi sur BilletReduc).

Je suis sûr à 100 % que vous passerez un bon moment. Et pour prolonger la soirée, il y a plusieurs petits restos dans la rue du théâtre qui ont l’air sympa (pas testé car j’avais grignoté avant, par contre j’ai repéré un couscous et un diner américain qui m’ont fait de l’œil).


Fantasio à la Comédie Française, mise en scène par Denis Podalydès

Cécile Brune dans FantasioFantasio est un bourgeois cynique, blasé, révolté qui aime l’alcool. C’est un Clown triste qui s’ennuie et boit en refusant son sort de bourgeois, sans réellement proposer d’alternative mais sans cesse en quête d’une grande action.

Celle-ci se présente à lui lorsqu’un jour un convoi funèbre passe alors qu’il est ivre et décide de prendre la place de celui qu’on enterre.

Il entre au palais et deviens bouffon du Roi.
En prenant la place d’un mort, il se prend au jeu et joue contre son sort.

Voilà un résumé rapide de la dernière pièce de théâtre que j’ai vu à la Comédie Française. J’avais été tellement fasciné par Denis Podalydès en tant qu’acteur dans L’Avare que j’ai voulu allé voir ce qu’il donnait en tant que metteur en scène.

Ce type est un génie, point barre, ma note devrait s’arrêter là !

Fantasio n’est pas facile à adapter au théâtre, comme souvent avec les pièces d’Alfred de Musset. Surtout qu’ici, il ne se passe presque rien. Tout l’intérêt va se jouer dans ce presque rien, sans céder uniquement à la séduction de la poésie. On en a vu des pièces de Musset mielleuses (je le sais, j’en ai joué).

Là Fantasio est interprété par Cécile Brune, c’est une trouvaille vraiment géniale et elle porte le rôle d’une façon éblouissante. Sa voix et sa présence donne une dimension extraordinaire à son personnage qui devient encore plus mystérieux.

Quand elle fait son apparition pour faire la fête avec ses amis, on est fasciné, troublé et émerveillé par le charme de ce personnage si cynique avec lui-même.

Les décors d’Eric Ruf avec le carrousel qui représente le cerveau embrumé de Fantasio et les acteurs qui tournent autour, c’est sublimement trouvé.

Malheureusement la pièce est trop courte à mon goût tellement l’alchimie entre la mise en scène, le jeu des acteurs et la beauté du texte nous emmène dans une rêverie et une fascination délicieuse.

Denis Podalydès est un mec génial, j’étais tout simplement scotché par sa créativité. S’il reste encore des places, franchement, allez-y, c’est magnifique !

Fantasio à la Comédie Française jusqu’au 31 mai 2010.


La magie à Paris

Le musée de la magie

Voilà un parcours que j’ai réalisé samedi avec ma fille pour lui faire découvrir et apprendre la magie. C’est un peu par hasard, en cherchant une activité que j’ai trouvé le Musée de la Magie. C’est un endroit que je ne connaissais pas. Il se situe rue St Paul dans le quartier du marais.

C’est un très beau musée, sous des voutes en pierre qui abrite aussi le musée des automates que l’on visite en attendant le spectacle de magie (toutes les demi-heures). A l’heure des jeux vidéo, de la 3D et d’internet, ces machines nous paraissent bien simples, pourtant c’est merveilleux d’appuyer sur un bouton pour les voir s’animer. C’est un beau plongeon dans le temps.

Ensuite on s’installe dans une petite salle pour assister à un spectacle de magie, vraiment impressionnant, mais malheureusement trop court. La visite se poursuit par un petit court sur l’histoire de la magie et les grands illusionnistes comme Robert-Houdin. On se rend compte qu’on pourrait y passer des heures tellement le sujet est passionnant.
Le reste de la visite est libre et l’on découvre des objets insolites que je ne vous révélerais pas car je préfère vous laisser la surprise si vous comptez vous y rendre.

La visite se termine par la boutique et là, c’est très difficile de ne pas craquer devant l’envie de devenir magicien. L’avantage c’est que l’on peut se faire expliquer les tours avant de les acheter.

Pour continuer dans l’esprit de la magie, j’ai emmené ma fille au Double Fond qui est juste à côté. C’est un bar à thème où les serveurs sont des magiciens et où sont programmés des spectacles de magie.
Coup de chance, il y avait un spectacle à 16h30 pour les enfants. On a donc enchainé avec celui du Double Fond. Une bonne heure de magie dans un cadre intimiste vraiment sympa.

Le combiné Musée de la Magie et Double Fond est une excellente idée de sortie pour les enfants, cela permet de passer une demi-journée sous le thème de la magie dans un quartier et un cadre agréable pour les parents.

La soirée se poursuit avec l’apprentissage de la magie grâce à nos achats au musée. En plus, on peut faire des recherches sur internet pour découvrir d’autres tours…
Il y a toujours un truc, mais le plus dur c’est de savoir lequel !

Le double Fond
http://www.doublefond.com/
1 Place du Marché Sainte-Catherine 75004 Paris

Musée de la magie
http://www.museedelamagie.com/
11, Rue Saint-Paul 75004 Paris


On purge bébé et Léonie est en avance au théâtre du Palais Royal

On purge bébé et Léonie est en avance Deux pièces courtes de Feydeau pour une même représentation mise en scène par Gildas Bourdet se jouent en ce moment au théâtre du Palais Royal.
C’est un pari audacieux et évidement, j’apprécie l’initiative de ressortir des pièces moins connues que la Dame de chez Maxim, Un fil à la patte ou encore Mais ne te promène donc pas toute nue

Pourtant je ne pas vraiment accroché, j’ai trouvé que ça manquait de consistance, pour moi Feydeau me fait rire dans les complications et les intrigues amoureuses, avec un cocu, de la jalousie, des quiproquos. C’est du théâtre qui va à 100 à l’heure, et qui claque.

Ici, le drame domestique qui sert de point de départ n’est pas assez fort pour me tenir en haleine tout du long.

Ce qui est bien dommage car la mise en scène, sans être géniale est vraiment efficace et respecte l’esprit de Feydeau. Ca va vite, il y a de bonnes trouvailles mais surtout on sent que les comédiens s’amusent

Cristiana Reali est vraiment époustouflante. Je n’avais pas dû la voir sur scène depuis plus de 10 ans, et elle m’a vraiment surpris. Quelle technique ! Elle est méconnaissable surtout dans Léonie est en avance ou son rôle de sage-femme est truculent.
Elle en fait des tonnes mais c’est vraiment ça Feydeau : du sur-joué, du loufoque.

En face d’elle, Pierre Cassignard  paraît plus serein pourtant il maîtrise bien son rôle d’homme dépouillé de son autorité. Dominique Pinon est savoureux avec ses tiques et ses mimiques.

Du coup, on passe une bonne soirée devant une mise en scène efficace et une très belle performance d’acteurs même si personnellement l’histoire ne m’a pas emballé.

Pour vous faire une idée, voilà un résumé de ces deux pièces :

On purge bébé
Monsieur Follavoine cherche à décrocher le marché des pots de chambre incassables à destination de l’armée française. Pour tenter de conclure l’affaire, il invite à dîner Chouilloux, fonctionnaire influant du ministère des armées, son épouse et l’amant de celle-ci. Mais ce jour-là, le fils Follavoine est constipé et ne veut pas prendre sa purge… et rien ne se passe comme prévu.

Léonie est en avance
Léonie est sur le point d’accoucher avec un mois d’avance. Les mauvaises langues se délient, Les règlements de compte et les mesquineries entre beaux-parents et gendre vont bon train, l’arrivée d’une sage-femme tyrannique finit de chambouler toute hiérarchie dans la maison, et ce qui devait être un moment de joie va tourner à la catastrophe.

Ce ne sont pas les plus grandes pièces de Feydeau, mais les acteurs nous font tellement plaisir que c’est un spectacle à voir. Et puis c’est agréable de temps en temps d’aller entendre des textes que l’on ne connaît pas par cœur.

Merci à Angie’s pour les places.

On purge bébé et Léonie est en avance de Georges Feydeau
Théâtre du Palais Royal
38, rue de Montpensier – 75001 PARIS
Jusqu’au 31 mars et ensuite en tournée dans toute la France


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