Arts et expositions, Le blog de Denis

Les Macchiaioli, des impressionnistes italiens ? Au musée de l’Orangerie

Cristiano Banti

En Italie, à la fin de la première moitié du XIX siècle des artistes originaires de Toscane rompent avec la tradition néoclassique et romantique jugée trop élitiste. Grâce aux voyages et à la connaissance de la peinture française de l’école de Barbizon, mais aussi aux rencontres de peintres comme Manet, Degas ou Moreau naît le mouvement des Macchiaioli

Le nom de cette nouvelle forme artistique vient de Macchia qui veut dire tâche, en comparaison avec les tâches de lumière que ces artistes représentent pour évoquer la sublime lumière Italienne.

La peinture des Macchiaioli est quasiment inconnue en France, où elle est très peu représentée.

Grâce à la réunion d’une soixantaine de toiles peintes au plus fort du mouvement entre 1855 et 1970, le musée de l’Orangerie nous offre une exposition absolument sublime.

Cela a été pour moi l’occasion de découvrir des peintures entièrement vouées à la lumière. Je trouvais les paysages de Toscane et d’Italie magnifiques en photo, les Macchiaioli sont l’essence même de la beauté. Cela m’a rappelé mon voyage à Sienne et à Florence pour la beauté des paysages avec ces peintres qui ont posé un regard si poétique que cela en ai troublant et émouvant.

C’est vraiment une rupture avec la peinture Italienne classique, beaucoup plus abordable, plus simple, presque photographique. Car comme en photo, le vrai sujet abordé est la lumière. Avec une volonté de reproduire la réalité des scènes paysannes.

Silvestro Lega

Une exposition que je vous recommande sincèrement pour la beauté et la richesse des toiles et parce que c’est une occasion unique de découvrir ce mouvement.

D’autre part, aller au musée de l’Orangerie, c’est aussi l’occasion de retourner voir la collection impressionnante de Paul Guillaume et de saluer Modigliani et Renoir

Les Macchiaioli 1850-1874 Des impressionnistes italiens ?
Du 10 avril au 22 juillet 2013
Au musée de l’Orangerie


Hopper au Grand Palais, ouf ça c’est fait !

Nighthawks, Hopper

Je ne sais pas pour vous, mais moi quand je vais voir un exposition et des tableaux en vrai, c’est pour me sentir emporté et touché par une émotion et ressentir quelque chose de palpable avec l’artiste et son oeuvre.

Souvent un tableau me donne une impression de plénitude quelque soit le sujet.

Hier, je suis allé au Grand Palais voir l’exposition de Hopper. Heureusement que j’avais un billet coup file obtenu deux mois avant sinon c’est trois heures de queue. Par contre à l’intérieur (à 19h) c’était insupportable. Beaucoup, mais vraiment beaucoup trop de monde. L’esprit est uniquement concentré sur la façon dont on évolue dans l’espace, comment contourner les gens, comment essayer de se placer pour voir un bout de tableau.

Il n’y a pas une seule place pour le repos de l’esprit et la concentration sur le travail de l’artiste. C’est à peine si j’ai pu apercevoir les jeux de couleurs magnifiques que dégagent ses toiles. Les seuls moments ou je fut touché sont les instants et j’avais de l’espace autour de moi et que j’étais face à un tableau sans personne devant (c’est arrivé exactement deux fois).

C’est toujours le problème des grandes expositions Parisienne à la mode. J’avais ressenti à peu prés la même chose avec Canaletto le mois-dernier.
Les gens se ruent sur ces expos pour pouvoir en parler.

Sans compter le comportement insupportable de certains à l’intérieur.

Entre les Parisiens qui viennent faire salon pour discuter devant les toiles sans même les regarder, ceux qui sont collés à leur smartphone ou sur l’audioguide en plein milieu, ceux qui vous passent devant en vous bousculant pour aller lire la légende. Bref, les grandes expositions c’est toujours un enfer. Heureusement maintenant j’ai Google.

Je ne vous recommande pas d’y aller car c’est jusqu’au 28 janvier 2013 et ils ne vendent plus de billets coupe file.

Voir le site de l’exposition.


Musée Carnavalet et balade dans le Marais

Musée Carnavalet et balade dans le marais

On se promène très souvent dans le Marais le dimanche après midi. Le quartier est piéton, j’adore ces petites rues pleines de charme, même si c’est un peu devenu le repère des bobos qui se ruent sur des brunchs chers et insipides, mais à la mode… Pas la peine d’y aller en vélo, les gens sont au milieu de la rue et les bornes de Velib sont complètes.

L’une des raisons est l’ouverture des boutiques le dimanche. S’il y a encore 5 ans seules quelques boutiques de décorations étaient ouvertes, maintenant c’est quasiment toutes les enseignes et surtout celles de la mode qui accueillent touristes et parisiens. Il n’y a plus de repos pour la carte bleue.

Pour faire une pause culturelle il y a de nombreux musées (si vous avez des enfants celui de la magie est sympa). Rien ne vaut une petite halte au musée Carnavalet au 23, rue de Sévigné. Il est gratuit et peu fréquenté, même le week-end. Le cadre est incroyable, composé de deux hôtels particuliers avec des décors du XVIIe au XXe siècle.

Le musée Carnavalet, retrace l’histoire de Paris et conserve des collections qui illustrent l’évolution de la ville de la préhistoire à nous jours il présente un vaste choix d’œuvres d’arts et de souvenirs évoquant la vie quotidienne et intellectuelle de la Capitale.

Mention spéciale pour le Paris au XX siècle et la belle époque que j’ai adoré car c’est une période un peu bâtarde qui a toujours eu du mal à trouver sa place dans les musées.

C’est agréable de faire une pause hors du temps pour compléter votre virée shopping ou votre balade dominicale.

Hôtel Carnavalet

23, rue de Sévigné
75003 Paris
Entrée au 29, rue de Sévigné
Ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf les lundis et jours fériés.


Canaletto et Guardi au musée Jacquemart André

Le Grand Canal avec l'église San Geremia, le palais Labia et l'accès au Cannaregio

Le védutisme est un art qui s’est développé au 18ème siècle en Italie et principalement à Venise. C’est une façon de peindre des paysages urbains en tenant compte des perspectives et de l’architecture.

A cette époque, les peintres Canaletto et Guardi sont les grands maîtres Vénitiens de ce style.

Visiblement 2012 est l’année de Canaletto car il y a deux expositions qui lui sont consacrées, une au musée Maillol et l’autre au musée Jacquemart André. J’ai choisi cette dernière car j’étais en train de faire du shopping dans le quartier et j’adore ce musée qui est un magnifique hôtel particulier de la fin du XIXe siècle, l’endroit est sublime et la programmation souvent intéressante.

Pour en revenir à l’exposition, évidement c’est magique, car peindre une œuvre d’art telle que Venise, si c’est ressemblant, c’est forcement beau. Venise avec ses canaux, ses palais et sa place Saint-Marc, c’est une mine d’or pour les peintres qui maîtrisent la technique des perspectives. Canaletto comme Guardi ont apporté des milliers de détails dans leurs nombreuses toiles qui sont un témoignage riche de la vie de l’époque et on pourrait passer des heures à les examiner. Cela m’évoque les toiles de marine de Joseph Vernet.

L’exposition offre huit salles pour comparer l’art de la veduta de Canaletto et de Guardi, mais aussi Bellotto (neveu et disciple de Canaletto). Des techniques différentes avec Venise en toile de fond. Cela donne surtout envie de partir en week-end là-bas. Je crois qu’il y a le même nombre de personnes dans le musée que sur la place Saint-Marc un jour de carnaval…

Un conseil allez-y tôt ou en semaine pour ceux qui peuvent, car même avec un billet coupe file cela ne vous évitera pas le monde à l’intérieur et comme les tableaux fourmillent de détails les gens sont agglutinés devant.

En rentrant en Vélib et je suis passé par la rue du Bac, pas loin du musée Maillol, mais je n’avais pas le courage de me taper les deux expos dans la journée.

Exposition Canaletto et Guardi au musée Jacquemart André

Musée Jacquemart-André
Du 14 septembre 2012 au 14 janvier 2013
158, boulevard Haussmann
75008 PARIS
Le Musée est ouvert tous les jours de 10h à 18h.
Nocturne les lundis et samedis jusqu’à 21h.
Le site de l’exposition


Exposition Opticon de Philippe Decouflé à la Villette

Exposition Opticon de Philippe Decouflé à la Villette

L’exposition Opticon de Philippe Decouflé s’installe à la Villette jusqu’au 15 juillet. C’est un mélange d’installations vidéo interactives crées à l’origine pour ses spectacles de danse et des jeux de lumières pour inviter le public à déambuler dans l’univers que le chorégraphe s’est forgé au fil des années. On y découvre les secrets de fabrication de la compagnie DCA/Philippe Decouflé ainsi qu’une rétrospective de leur travail présentée au travers de dessins, d’esquisses, d’éléments de scénographies, de costumes et de maquettes.

On se retrouve dans l’immense salle de la Halle de la Villette plongé dans un univers magique et fantasmagorique selon Philippe Decouflé.

Rien de bien nouveau par rapport à l’exposition ombres et lumières, on y retrouve des lanternes magiques et autres procédés optiques un peu hors d’age, mais qui ont fait leurs preuves au fil du temps. Néanmoins c’est un beau terrain de jeux pour les tout-petits pour leur faire prendre conscience de l’espace et de jouer avec leur corps.
On regrette quand même l’absence de performances par la troupe.

Le truc en plus :
Cette année pour initier un peu ma fille aux sciences, j’ai opté pour le pass cité science qui vous ouvre pendant un an les portes du Palais de la Découverte et de la Cité de Sciences à la Villette.

Ces deux endroits proposent une telle variétés d’activités, de conférences et d’ateliers qu’il est toujours difficile de faire un choix quand on les visite à la journée. Cela nous permet d’y aller en fonction du programme, de ne choisir que ce qui nous intéresse et de prendre le temps de comprendre les ateliers. Surtout que certains sont vraiment impressionnants.  Je suis souvent scotché par la pédagogie des intervenants.


Le nouveau musée d’Orsay

Le nouveau musée d'Orsay

Ce week-end, j’ai visité le nouveau musée d’Orsay. C’est un endroit que j’aime beaucoup tant pour l’architecture incroyable que pour sa collection très riche avec notamment ses impressionnistes.
Pour ses 25 ans, le musée c’est offert une nouvelle jeunesse grâce à l’architecte Jean-Michel Wilmotte.

Dans les différentes salles, les tableaux sont sublimés avec des murs sombres et un éclairage spécifique. Les Van Gogh par exemple sont réunis dans une salle bleue foncée qui fait ressortir la couleur de ses tableaux. C’est beaucoup plus tranché qu’avant car tout était identique d’une salle à l’autre sur fond clair.

Les plus grands tableaux de Gustave Courbet sont soutenu par un mur violet qui attire l’œil et nous plonge directement dans l’univers du peintre.

Les décors modernes qui étaient éparpillés dans le musée ont été réunis dans la même salle, moi qui ne suis pas un fana de ce style, j’ai quand même trouvé cela impressionnant.

On passe ainsi dans différents univers. Franchement, j’aime beaucoup, c’est très moderne et dans l’air du temps.

Le banc Water Block créés par le Japonais Tokujin YoshiokaAu fond du musée l’immense mur à été peint en rouge pour souligner la signalétique et guider ainsi les visiteurs.
Le musée a gagné beaucoup de mètres carrés et les œuvres sont vraiment mieux mises en valeur. Je comprends pourquoi on emploie le terme « le nouveau musée d’Orsay ».

La galerie des impressionnistes est tout simplement sublime. Les murs gris foncés et l’éclairage étudié pour soutenir la lumière naturelle de la verrière rendent les tableaux beaucoup plus lumineux. Le sol est recouvert d’un parquet sombre (j’y vois un clin d’œil à Caillebotte et ses raboteurs.) le visiteur pourra faire une pause sur l’un des 7 bancs, les Water Block créés par le Japonais Tokujin Yoshioka.

Le tout est vraiment apaisant, la foule toujours aussi nombreuse disparaît presque au profit des tableaux qui sont dans la lumière.

Les œuvres modernes font leur apparition par petites touches avec le mobilier et le café pensé par les frères Campana qui ont revisités vingt mille lieues sous les mers de façon surprenante.

J’étais déjà fan du musée d’Orsay et faire des transformations est souvent un pari risqué, mais là, c’est une vraie réussite.

Le site du musée d’Orsay


Peurs sur la ville à la Monnaie de Paris

Le choc des photos pour exprimer les maux de notre société à travers une exposition à la Monnaie de Paris en collaboration avec Paris Match.

Peurs sur la villeElle nous propose trois points de vues de la violence urbaine à travers trois univers différents :

Les photos d’archives de Paris Match avec la Libération, les attentats des années 80 et 90, ou encore les émeutes de 2005 à Paris et en banlieue.

Tout cela est réel et s’est vraiment déroulé devant nos yeux, ce qui fît souvent la gloire du magazine en publiant des images chocs pour nous montrer le fragile équilibre entre le calme et le cahot que peut engendrer la violence.
Même si au moment de leurs publications c’était surtout du voyeurisme…

La série Paris Street View de Michael Wolf réalisées à partir de captures d’écran du logiciel Street View de Google qui capturent des scènes de notre vie privée, que j’ai trouvé de peu d’intérêt, Sandiet m’a habitué à mieux avec les Google Street insolites… Pourtant poussé à l’extrême cela aurait pu être pas mal, surtout pour montrer à quel point notre vie privée est menacée.

Et la série de photomontages Guerre ici de Patrick Chauvel superposant des clichés de Tchétchénie, de Bosnie ou du Liban sur des paysages parisiens pour nous faire prendre conscience que la paix n’est jamais une chose acquise. En effet, nous vivons notre plus grande période de paix depuis un siècle, mais rien n’est jamais définitif.
Du beau travail de retouche mais finalement peu percutant.

Vous l’aurez compris, c’est surtout les photos de Paris Match qui m’ont marquées car ce sont des événements (à part la libération) que j’ai vécu et qui m’interpelle car on a tendance à tout oblier.

C’est néanmoins une belle exposition que je vous encourage à visiter, plutôt riche est variée même si comme d’habitude, le weekend, c’est noir de monde.

Peurs sur la ville, du 21 janvier au 17 avril 2011
A la Monnaie de Paris, 11 quai de Conti, 75006 Paris


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