Mon adolescence dans les années 80/90 sans la musique

musique-1980

Il faut avouer que l’une des principales révolutions de ces dernières années liée à internet c’est la musique. Petit, j’ai commencé par écouter des chansons sur un mange-disque.

Le concept de l’écoute en illimité n’avait pas été inventé par Spotify et s’offrir un 45T était un beau cadeau ! Un titre sur la face A et une version un peu pourrie sur la face B, voir la version instrumentale. Aujourd’hui celui qui offrirait un seul titre sur Itunes passerait pour un gros crevard.

Ensuite à l’adolescence il fallait avoir chaîne HIFI avec platine vinyle, radio et double lecteur cassette, le top du top !

On achetait un 33T de temps en temps et on s’échangeait ou on se prêtait nos disques. Pour faire des compils on avait en permanence une cassette audio réglée sur REC/PLAY/PAUSE et au moment où l’une de nos chansons favorites passait à la radio on relâchait la touche pause pour l’enregistrer, souvent on se chopait le jingle d’NRJ entre deux chansons, c’était artisanal.

La copie sur cassette n’était pas considérée comme du piratage car la perte de qualité entre deux enregistrements était considérable, de toute façon Hadopi n’existait pas et l’industrie du disque était prospère.

Quant à tout savoir sur nos chanteurs favoris il n’y avait que le magazine Rok and folk plutôt élitiste ou Ok Podium pour les stars du top 50 et pour les clips il fallait attendre la diffusion des Enfants du Rock le jeudi soir à partir de 22 heures.

On est loin de la communication que peuvent avoir les groupes avec leurs fans sur Facebook ou Twitter pour être informé des dates de concerts ou de la possibilité de lire Wikipédia pour tout savoir sur la carrière d’un artiste. J’étais un fan des Bérurier Noir pourtant j’ai vraiment connu leur histoire l’année dernière grâce à Youtube et Wikipedia.

Je suis surtout un enfant du top 50 ! Je dois ma culture musicale à Marc Toesca, je vous recommande à ce sujet :
Les Années Top 50 de Thomas Joubert un livre passionnant qui raconte l’histoire incroyable du Top, pour les nostalgiques c’est une super bonne idée de cadeau de Noël. Toutes les semaines on découpait le classement dans Télé 7 jours. On peut dire les années 80 ont été complétement folles dans tous les sens du terme.

Les années 90 ont été moins marquantes…

Ensuite est venu le CD, grosse révolution car il fallait tout racheter, les platines, les disques tout ! Steve Jobs n’aurait pas rêvé mieux. On vantait un son plus pur, des disques inrayables et une plus grande capacité de stockage.

Pendant des décennies nous avons été dépendant des radios pour faire des découvertes musicales et à la merci des majors qui fixaient le prix de la musique en se faisant une marge colossale. Le mp3 fût un véritable soulagement et des services comme Spotify ont vraiment révolutionné la façon dont on écoute de la musique.

Les jeunes d’aujourd’hui ne se rendent pas compte que la musique n’a pas toujours été aussi accessible.

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15 Commentaires

  • Dan > Oui mais sinon le titre aurait été trop long, mon adolescence dans les années 80 et 90 sans le moyens modernes pour diffuser de la musique comme le mp3 et la musique à la demande…

    Sinon dans les années 80 on ne dansait pas partout, quoique j’aurais pu parler des années smurf et hip hop (avec Sydney).

  • J’ai bien connu l’époque où l’on enregistrait ses cassettes sur la radio et on chopait le jingle d’nrj ! Quand ils annonçaient une musique cool je restais le doigt sur le bouton rec pendant toute la pub pret à enregistrer. C’est vrai que ça parait tellement loin tout ça

  • Ah les cassettes qui s’emmêlaient et qu’on rembobinait avec un crayon !
    Les vinyles avaient leur charme : on a jamais remplacé les grandes pochettes d’album où il y avait de belles photos et à l’intérieur desquelles on pouvait cacher des choses, des lettres par exemple. Mes filles m’ont piqué les pochettes pour tapisser leur chambre !

    • Oudon> C’est vrai que l’enregistrement c’est considérablement simplifié.

      Louisanne> Ha oui les bandes qui s’emmêlaient, j’avais oublié ce détail.

      Cubik > ha la boulette, c’est corrigé, merci

  • Bravo , cela fait un bon moment que je lis ce blog , je le trouve super top ,interressant,très diversifié et tous particulièrement le sujet 80’s ! il ne faut pas hésiter a parler du breakdance et du Smurf je m’y étais essayer avec peu de succès Ado lol !avec des titres de Breackmachine,, Grandmaster flash ,…bonne continuation

  • Merci Laurent pour ton passage.
    Grande époque que celle du smurf et du Breakdance, je me souviens, j’étais en 6 eme avec le titre Street Dance de Break Machine. On arrêtait pas de danser sur ce tube. Allez, je mets le lien vers la vidéo : http://youtu.be/rDhzZ7jAUKA
    Dire qu’avant on ne pouvait pas regarder ce clip en boucle à moins d’avoir un magnétoscope et d’avoir pensé à l’enregistrer. Délire !

  • Au cours de quelques instants à ne rien faire je surfe, et d’une recherche qui n’a rien à voir avec le présent sujet, je découvre votre blog. Et je ne peux m’empêcher de réagir.

    Enfant j’ai connu comme vous, non pas les manges-disque, mais l’électrophone de mon père et sa discothèque, puis le magnéto de mon frangin et la découverte consécutive d’un monde musical incroyable. Ce n’étaient pas les années 80, plutôt les seventies. Nous n’avons pas été biberonnés aux même tendances mais peu importe, au fond.

    Plus tard j’ai connu aussi la chaîne qui n’avait de hifi que le nom, avec ses platines, le poids de son ampli, etc. Et les vinyles qu’on achetait au compte-goutte vu l’impact sur notre budget. Et les cassettes qu’on en faisait pour les copains et vice versa.

    Tout ça pour dire qu’un album avait un prix. C’était un objet important. La musique qu’il contenait était importante, sa conception était importante, les musiciens participants étaient importants, on en retenait les noms ainsi que les lieux des enregistrements et toute l’histoire autour. Quitte à faire grandiloquent je dirais qu’il y avait une culture derrière cette démarche, derrière cette nécessaire recherche, à une époque où le concept de Google était inimaginable. Entre gens du même bord musical nous échangions nos infos, et les bons concerts étaient blindés de fans, alors même qu’Internet et les réseaux sociaux n’était même pas envisageables. Nous engraissions des Majors, certes, mais aussi des petites maisons de production qui ont été à l’origine de beaucoup de grandes carrières. Le requin Eddy Barclay a permis à de très nombreux artistes d’exister. Les grandes stars finançaient le risque de la mise à l’épreuve du public d’ar
    tistes inconnus. Dont certains ont servi à financer… etc.

    La télé a joué un tout petit rôle prescripteur dans mon cas. Je me souviens seulement de Dire Straits (Sultan of swing), et cette façon particulière de jouer de Mark Knopfler (j’essayais moi-même de gratter la guitare). J’ai très peu regardé la téloche. Mes parents ont consenti très tard à en faire rentrer une dans la maison, et du coup je n’ai jamais accroché à l’objet et à l’habitude de se planter devant, le soir venu.
    Sur le rôle d’Internet je suis d’accord mais certainement pas comme vous l’entendez.

    Aujourd’hui c’est un robinet largement ouvert, au débit incessant. C’est une officine de grande distribution, et le fait que le MP3 s’y télécharge gratuitement rend le phénomène encore plus abêtissant, dans le sens consommation de masse. Et normalisation des goûts, puisque tout nous pousse vers ce qui est le plus téléchargé. Certes, on n’engraisse plus les Majors mais des types inconnus qui se gavent des retombées publicitaires dont leurs sites sont farcis, et qui ne redistribuent rien, et surtout pas à un petit artiste inconnu qui cherche à se faire connaître. Quant aux artistes Youtube dont on connaît les noms, leur nombre est très, très loin d’équivaloir, sur la période d’existence de Youtube, au nombre d’artistes qui ont émergé parce qu’un vrai producteur a cru en eux et a investi sur leur dos. Comble d’ironie, ces fameuses Majors tant vilipendées et qui « justifient » le téléchargement illégal de dizaines de millions de personnes de par le monde, sont les seules qui se sortiront du phénomène Internet. Les petites maisons de prod, elles, celles qui faisaient ce travail de découvreur de talents, si elles ne sont pas mortes, le seront bientôt.

    Quant au MP3…

    Passer du mange disque au MP3, je comprends. Mais avec un minimum d’oreille on ne supporte pas les sonorités tronquées de cette compression. Comme je ne comprends pas ce besoin d’avoir de la musique en permanence dans les oreilles, y compris dans des milieux bruyants.

    Internet n’a fait qu’accentuer le phénomène de « consommation » de musique que les Majors avaient initié, d’avantage que la mettre à la portée de tous (la radio est à la portée de tous et a toujours joué le rôle de dénicheuse de talents). « Consommer » un produit culturel en téléchargement incessant n’a pas de sens. Je veux dire par là qu’on y perd la valeur de la chose, autant qu’on perd, par exemple, celle de l’eau quand on la laisse couler du robinet, et qu’on oublie le travail que cela représente pour qu’elle arrive jusqu’à ce robinet. Et l’enjeu géopolitique qu’elle représente, autant que l’enjeu vital pour ceux qui n’y ont pas accès.

    Les acteurs d’Internet d’aujourd’hui, ceux qui autorisent ce déversement continuel, quel sera leur influence sur notre vie demain ? Sur la création demain ? Sur sa richesse, son panel, ses capacités de transgression ? Bref, sur l’évolution du génie créatif humain, hors des sentiers battus ?
    Je ne pense pas que nous vivions une bonne époque pour découvrir la musique. A moins de se servir d’Internet pour autre chose que pour télécharger. On y trouve aussi une foule d’informations, on y déniche des vinyles d’une époque d’avant les playlists, une époque où un artiste donnait une cohérence à son album. On n’aimait pas tout, mais il arrivait souvent, et il arrive encore qu’une face B qui nous faisait gerber nous émeuve, à la redécouvrir.

    Bien sûr, vous évoquez Spotify et non pas le téléchargement illégal. Mais ce n’est qu’un robinet à musique en MP3, et la rétribution des artistes est ridicule. On n’est pas très loin du modèle tout gratuit. En terme de consommation c’est idem.
    Alors, cette époque que vous qualifiez de révolutionnaire, pour moi ne l’est pas, ou beaucoup moins qu’à mon époque des Seventies, et même de la vôtre, Eighties. Cette consommation de masse, gratuite ou avec un ridicule droit d’entrée, n’est qu’un avatar de plus de notre société. Elle ne sert pas la Création, seulement la spéculation, exactement ce qu’on a reproché aux Majors. Et par là même elle étouffe toute création un tant soit peu révolutionnaire. Ou l’accapare si bien qu’elle n’a plus rien de révolutionnaire.

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