
Pour faire plaisir à mon apprentie modeuse de fille et parce que je suis un papa exemplaire, j’ai pris mon courage à deux mains et je l’ai accompagné dans la boutique Abercrombie des Champs Elysées. Une visite chez Abercrombie, c’est une histoire, une expérience, une véritable aventure urbaine.
Samedi 14h30, Paris, 23 avenue des Champs-Elysées
Nous arrivons devant une queue d’environ 100 mètres. C’est la deuxième fois que je renonce à y rentrer, poireauter pour une boutique, ce n’est pas mon truc.
14h32 : je me dis que cela ne va pas être si long, allez, on va tenter le coup !
14h40 : on avance bien, je suis en train de Twitter que je suis devant la boutique Abercrombie, je prends de photos de la foule. J’ai légèrement oublié ma fille qui patiente tranquillement, de toute façon, elle sera sage car elle veut accéder au Saint Graal de la consommation hype et chic.
Les gens ont l’air résigné, par contre les touristes sont plutôt surpris, certains viennent nous demander pourquoi on est aussi nombreux à faire la queue, ils sont encore plus étonnés quand on leur répond que c’est uniquement pour rentrer dans une simple boutique de fringues. Car la file d’attente est encore plus impressionnante que celle du Grand Palais…
15h00 : J’en ai un peu marre mais je ne vais pas abandonner maintenant, ma fille ne me le pardonnerai jamais. Je me demande si quand on vient faire un échange on doit encore faire à nouveau la queue ? De nombreuses personnes essayent de resquiller en se faisant passer pour des VIP. Le service de sécurité est efficace mais ferme…
15h30 : Je n’y crois pas, on est devant la porte, nous serons les prochains à rentrer. J’en profite pour faire de nouvelles photos de juste devant la grille… Je n’oublie pas de faire mon check-in sur Foursquare : « I’m enfin at Abercrombie Paris »…
Je regarde ma fille d’un œil attendri devenir hystérique comme si elle avait vu Justin Bieber chanter en duo avec les Black Eyed Peas lorsque on nous autorise à rentrer.
Nous passons devant les videurs qui sont en moins une dizaine, tous en uniforme : Converses noires et vêtements Abercrombie. Sauf que contrairement à des videurs, ils sont d’un politesse extrême.
15h32 : Nous avançons dans une allée de graviers blanche impeccable. Forcement, il y a un mec qui passe sa journée à la ratisser. Et oui, un mec payer à ne faire que ça toute la journée. Nous croisons deux ou trois autres personnes qui sont là pour surveiller l’allée (ou le mec qui ratisse ?) en nous disant bonjour. Nous ne sommes pas encore rentré que nous avons déjà croisé 20 personnes du staff…
15h33 : nous rentrons dans le temple. Un Apollon tout d’abdos vêtu nous accueille avec son plus beau sourire Ultra Brite.
Au début j’ai cru que l’on était en face, au Queen. On est dans le noir, il y a de la musique à fond, des jeunes gens qui dansent un peu partout. C’est marrant.
L’organisation est impeccable, c’est immense, il y a beaucoup de monde, mais cela n’est pas désagréable. Tout est fait pour que l’on accède facilement aux produits.
Partout on nous dis «Hello, Welcome, may I help you ?» Cool on est à New-York, j’aime le dépaysement.
Des vendeurs passent le balais toutes les 5 minutes, d’autres parfument les rayonnages, je comprends pourquoi ma fille en rentrant m’a dit, ça sent Abercrombie… Génie du marketing…
D’autres mesurent avec une règle l’espace entre le bord de l’étagère et les vêtements, et les alignent…Soucis du détails quand tu nous tient…
Et ceux qui ne font rien dansent un peu partout dans le magasin….
A un moment je regarde attentivement un pull à 300 euros lorsqu’un vendeur me propose son aide. Je lui demande si le pull est en Cachemire (vu le prix) ? Et là il me regarde comme si je lui avait demandé de me situer la Perse Antique sur Google Map. « Désolé monsieur, mais là je ne peux pas vous aider».
Ce n’est pas grave, tu es beau, retourne danser, ça sera mieux pour tout le monde.
16h00 : J’en ai un peu marre de tout ce barnum, j’aurais bien offert un sweat à ma fille, juste comme ça, pour amortir le temps d’attente, mais les impôts venaient de passer et le discours de Fillon ne m’a pas encouragé à déconner avec ma CB…
Il est trop tôt pour commencer les cadeaux de Noël et avec un peu de chance Abercrombie sera démodé à Noël. Cela m’arrangerai, car je lui ai promis de revenir pendant les vacances pour lui acheter son cadeau…