
Finie l’époque où l’on emmenait ses enfants voir les magnifiques vitrines des Galeries Lafayette et du Printemps pour les faire rêver avant Noël. Pour ma génération, souvenez-vous, il y avait une vitrine entière de Playmobil, une autre de Lego et pour les filles une vitrine de Barbies.
J’enviais carrément les mecs qui faisaient les vitrines. Pour nous, c’était comme s’ils avaient le droit de commander tout le catalogue de jouets avec un budget illimité. Ils rajoutaient des faux décors qui nous donnaient pleins d’idées à notre tour. C’était beau et en rentrait chez nous la tête pleines de rêves et les yeux plains d’étoiles. C’était ça la magie de Noël des grands magasins.
Mais depuis des années, la mode s’est invité à la fête. Ou plutôt la rentabilité maximum, car il faut bien l’avouer les grands magasins ont toujours été hors de prix. C’était pratique pour le provincial qui venait faire ses courses de Noël à la capitale sans trop se perdre dans les rues ou le parisien pressé.
Sauf que crise oblige, les Galeries Lafayette comme le Printemps se sont tournés vers une autre clientèle plus fortunée, mais surtout plus internationale. Maintenant ce sont des boutiques pour Chinois ou des Russes. Remarquez on est vraiment balèze, on arrive à leur faire payer le prix fort pour acheter des articles fabriqués chez eux. En France, on a juste cousue l’étiquette… On vit une époque formidable.
Mais cette année, j’ai trouvé l’ambiance vraiment pathétique. Ils ont osé faire une vitrine avec des minimois de Karl Lagerfeld. Mais quelle horreur et quelle faute de goût. Ce type ne représente absolument pas l’esprit de Noël et les enfants se cognent de savoir qui il est. Il faut vraiment être mégalo pour se prêter à ce jeu malsain.
J’ai fait un tour sur les grands boulevards, ma fille à la première vitrine n’a même pas voulu s’approcher des autres aucun intérêt et on a bifurqué vers Opéra.
Les parents essayaient de faire rêver leurs enfants en leur montrant des trucs auxquels ils ne croyaient pas eux-mêmes. C’était triste et pitoyable. Les parisiens chassés des grands magasins.























